lundi 23 janvier 2017

Bienvenue ! Notre voyage en canoé en Laponie : descente de la rivière Ivalojoki en Finlande

Bonjour à tous,

J'ai décidé de faire un blog qui raconte notre voyage en canoë en Laponie. Nous avons fait la descente de la rivière Ivalo ou Ivalojoki en canoé en Laponie finlandaise. J'ai eu beaucoup de mal à trouver des informations lorsque je préparai mon voyage, c'est pourquoi j'ai décidé de faire ce blog.

Mon conjoint et moi-même avions envie d'un voyage en autonomie, en immersion dans la nature en Finlande et nous aimons le canot-camping donc du canoé et du bivouac.
Nous voulions une destination pure et belle et notre choix s'est porté sur la Finlande puis sur la Laponie.
Nous avions déjà fait un voyage au Canada en canoé sur 3 jours avec nuit sous tente, ce que nous avions aimé, plutot que de faire un tour sur un lac nous voulions descendre une rivière pour éviter de revenir sur nos pas. Mon conjoint avait envie de pêcher également et notre choix s'est porté sur la rivière Ivalojoki.

Rivière Ivalojoki et notre canoé
La rivière Ivalojoki se situe au nord de la Finlande, à 200 km au nord du cercle Polaire Arctique. Elle s'étend sur 180 km. Nous avons commencé la descente à Ivalon Matti (à 2 heures de route d'Ivalo) pour s'arreter à Ivalo, cela représente 100 km que nous ferons en 5 jours et 4 nuits en totale autonomie du 21 au 25 août 2016.

Notre but : Ivalo en Finlande


dimanche 22 janvier 2017

Préparatifs du voyage en Laponie : check list matériel

Matériel à emporter
Nous avions acheté tout le matériel en France, avant notre départ :
- tente 2 secondes : j'avais peur qu'elle ne soit pas adaptée, mais elle a parfaitement rempli son rôle.
- sacs de couchage allant jusqu'à -20°
- matelas auto gonflant (très confortable)
- matériel de pêche (2 cannes) pour le brochet et la truite
- gants de pêche et couteau pour vider les poissons
- une petite popote avec couverts, gobelet, papier aluminium, éponge, grille pour cuire sur le feu, couteau repliable, produit vaisselle biodégradable
- sac isotherme
- lampe frontale (qui furent inutiles car il ne faisait pas ou peu nuit)
- doudoune light : idéal +++ : ne prennent pas de place et sont très légères, gros gain de chaleur et de confort
- bonnets
- chaussettes de ski (on ne sait jamais et on ne regrette pas)
- serviette de randonnée peu encombrante, séchage rapide + gant de toilette
- sous-vêtement de ski (T-shirt manches longues chaud, collant sans pied chaud)
- pantalon de randonnée
- chaussures de randonnées montante (que je recommande vivement)
- basket
- couverture de survie
- veste softshell
- polaire
- poncho de pluie
- drone pour faire quelques photo et vidéo sous un angle particulier + Gopro
- cordelette fine de 10m pour attacher le tarp, etc
- savon/shampoing biodégradable et crême solaire (inutile)
- gros sac imperméable (qui s'est avéré utile car les deux bidons et le sac imperméable loué avec le canoë auraient été insuffisants)
- trousse de secours et pharmacie, brosse à dent dentifrice, pastille pour purifier l'eau (inutile)
- batterie externe pour recharger nos téléphones pour faire des photos
- sel, poivre, sucre, thé, farine, levure, café
- papier journal pour allumer le feu
- un rouleau de papier toilette
- smartphones pour les photos (étanches) : penser à télécharger des cartes géographiques de la région avant le départ

vol vers Ivalo
Pour la nourriture, nous avions tout acheté à Helsinki :
- pommes de terre
- pain aux graines
- nutella
- saucisses et viande (petite quantité car on veut manger ce que l'on pêche)
- plats lyophilisés pour au cas où
- citrons
- tomates
- beurre
- oeufs
- bacon
- briquet + allumettes + allume feu (une sortie de poudre qui favorise le démarrage du feu, on peut également utiliser de l'écorce de bouleau)
- lotion anti-moustique
- couteau de pêche : pour ouvrir, vider et écailler les poissons

Ce qui a été fourni par le loueur :
- canoë canadien 2 places avec corde à l'avant et à l'arrière
- 3 pagaies
- 2 gilets de sauvetage
- gants
- casques
- un grand bidon étanche et un bidon moyen étanche
- sac mou imperméable
- une carte devait être fournie

Deux loueurs nous ont été conseillés par l'office de tourisme.
Tarifs : 50 euros par jour de location pour le canoë et le matériel et 350 euros pour le transport aller et retour (canoë + passagers, cela représente 190 km).

Les températures prévues à cette période de l'année étaient de 5 à 20 degrés, nous voulions être sur d'être assez prévoyant pour le froid.

Nous avons passé 2 jours à Helsinki avant de prendre notre vol pour Ivalo où le loueur du canoë nous attend.


Des cabanes plus ou moins sophistiquées se trouvent le long de la rivière et permettent de se mettre à l'abri.

Carte de la Rivière Ivalojoki : nous partons du point bleu à gauche pour arriver à Ivalo en haut à droite

samedi 21 janvier 2017

Jour 1 : départ en canoé d'Ivalon-Matti : débuts prometteurs

Ari, notre loueur de canoé nous attend à l'aéroport, il va nous emmener jusqu'à Ivalon-Matti notre point de départ. Il nous prévient que la météo n'est pas terrible, il pleut sans interruption depuis deux mois, le niveau d'eau de la rivière est plus haute que d'habitude, cela facilitera certains passages mais en compliquera d'autre.

Un renne croisé sur la route en Laponie


Il a oublié la carte de la rivière, oups...
Sur la route, nous croisons une meute de rennes ! Ari nous dépose 3-4 km avant Ivalon-Matti, un endroit facile pour débarquer le canoé. Nous pagayerons sur Sormussuvanto toute la journée, 
Il fait frais. Nous déchargeons la remorque et nos affaires et nous nous disons à dans 5 jours.
Une petite acalmie nous permet de débuter sans les ponchos de pluie.



Début du périple sur Sormussuvanto qui deviendra Ivalo ou Ivalojoki
Damien veut tout de suite tester la pêche, au deuxième lancer il y a une prise ! C'est la pêche miraculeuse, mais nous relachons les poissons car nous ne voulons pas nous arrêter tout de suite.

Deuxième lancer : premier prise !



Peche miraculeuse ! Brochet pêché sur Ivalojoki en canoë
l'eau très calme des débuts d'Ivalojoki

Nous passons quelques passages rapides avec peu d'eau, le fond du canoë frotte mais tout va bien.
Après quelques heures de pagayage (à posteriori nous découvrons que nous avons fait 11km, sans carte difficile de savoir ce que nous avons fait comme distance sur l'objectif), nous nous arrêtons pour la nuit, les rives sont assez marécageuses, il n'est pas évident de trouver un endroit adapté pour le bivouac.
Notre bivouac entouré de bouleaux
La végétation est essentiellement constituée de bouleau. on installe la tente et un tarp pour nous protéger de la pluie, qui ne s'arretera pas de la nuit. La pêche s'avère impossible autour de notre bivouac, ce sera donc saucisse, pommes de terre et on cuisine une patisserie à base de myrtilles qu'on trouve en abondance ici.

notre patisserie à la myrtille faite maison : un mélange de farine, sucre, levure, eau et myrtilles
La pluie ne s'arrête pas mais nous passons une excellente nuit, plus de 12 heures de sommeil parfait, en plus de nos matelas gonflable, l'herbe sous la tente constitue un lit douillet.


Notre feu de camp

vendredi 20 janvier 2017

Jour 2 : jusqu'à Kuttura en canoë : pluie et fatigue


Après une nuit fantastique, nous nous réveillons tout à fait reposé. Nous repartons tranquillement. Comme nous n'avons pas de carte, pas de réseau, nous ne savons pas où nous sommes ni si nous avons assez progressé, sur les 5 jours nous avons 100 km à parcourir. Le but de la journée est d'atteindre la "ville" de Kuttura. La météo est très mitigée, il pleut beaucoup mais parfois une petite éclaircie nous illumine le paysage.
Ivalojoki miroir avec un peu de ciel bleu


Miroir sur l'eau en canoé

Canoë sur Ivalojoki, eaux calmes
 La rivière est tranquille, et nous sommes heureux que le niveau de l'eau ai monté depuis le printemps, à cause de la pluie des deux derniers mois, ça nous évite de frotter sur les cailloux au fond de la rivière.

Canoë sur Ivalojoki

Ivalojoki est un vrai miroir sur cette portion très calme

la rivière Ivalo : quelques passages avec un peu plus de courant

les paysages d'Ivalojoki changent, nous quittons les bouleaux
pluie sur Ivalojoki

Ivalojoki avec un peu de soleil c'est plus agréable

Le paysage évolue, on approche de Kuttura
Les rives bordées de pins de Laponie

Paysage particulier, les pins lapons



Un ombre pêché sur Ivalojoki, avec sa belle crête, relâché aussitôt
escale pour voir le "village" des chasseurs abandonné

 Nous traversons enfin Kuttura, qui n'a rien d'une ville, il s'agit de quelques maisons, nous avons un peu de réseau pour envoyer des nouvelles, mais pas assez pour télécharger une carte de la région. Nous progressions jusqu'à trouver un endroit pour camper, 3 km après Kuttura, nous passons les rapides de Porttiniva et nous pêchons le premier poisson, un ombre, que nous allons tuer pour le manger. Damien a beaucoup de mal à le faire, j'en suis incapable, il se charge de le vider et d'enlever ses écailles.
A peine arrivé sur la rive, il se met à pleuvoir fortement, le feu est difficile à allumer, le bois est trempé... Et les moustiques nous dévorent, ce sera la seule fois du séjour où les moustiques seront frénétiques malgré la pluie.
Le poisson est un délice absolu ! Nous allons rapidement nous coucher, de toute façon il pleut sans arrêt et nous avons pagayé 7 heures toute la journée, plus de 30 km, nos épaules et nos bras nous le font sentir.
La pluie ne s'arrête pas de toute la nuit, le tarp s'effondre sous le poids de l'eau et nous dormons très mal.
Notre premier poisson-repas : un ombre
Cela fait deux jours que nous sommes partis, et nous n'avons croisé absolument personne. Il y a un petit côté post apocalyptique, nous avons aperçu un camp de chasseurs abandonné et la ville sans âme qui vive est aussi spéciale....
Vue sur Ivalojoki au dessus de notre campement

Ivalojoki au dessus de notre campement


jeudi 19 janvier 2017

Jour 3 : Kuttura - Kultala : toujours de la pluie sur Ivalojoki

vue de la tente sur Ivalojoki : un paysage qui pourrait être magnifique sous le soleil
Réveil difficile, sur une nuit difficile.... La pluie ne s'est pas arrêtée, lorsque l'on ouvre la tente, on découvre que le niveau d'eau de la rivière a monté de 40 cm durant la nuit : nous avions laissé le canoé loin de la rivière, il y baigne désormais... La tente est dans une flaque d'eau de 5 cm de profondeur.
Je suis surprise de la qualité de la tente 2 secondes qui n'a rien laissé passé ni par en dessous ni par au dessus.

Mauvaise surprise : Ivalojoki a monté
Le moral est bas ce matin, on va devoir après une nuit difficile, remettre nos chaussures trempées, nous n'avons pas la motivation pour essayer de faire du feu, tout est trempé et nous sommes saisis par le bruit de l'eau très fort... Nous nous empressions de lever le camp et de repartir.

Des cascades et rivières sont apparues dans la nuit

Ambiance particulière avec les pins dressés de Laponie
Le paysage évolue : le relief était quasi inexistant, tout était très plat et là, de chaque coté de la rivière des reliefs se dressent pour atteindre quelques dizaines de mètres voire 150m au dessus de nous.

Gros rocher, Ivalojoki et ciel : tout est gris
Ivalojoki, prise avec le drone

Nous nous arrêtons un peu plus loin pour faire une vidéo avec le drone.
Damien me surprend en me demandant en mariage ici, au milieu de nulle part, je ne m'y attend pas du tout !
Ivalojoki, prise avec le drone

Pêche en poncho : c'est désormais un classique

toujours en poncho de pluie

quand la brume remplace la pluie
 La journée est très difficile, la rivière est beaucoup plus forte, nous traversons pas mal de rapides, nous prenons de l'eau à cause des vagues, il faudra plusieurs fois écoper sur la rive, nous sommes trempés par la pluie et les rapides et nous manquons de nous retourner.

photo extraite de la GoPro, rapides qui manquent de nous renverser
Ouf, on échappe de peu à la baignade !

La situation nous semble absurde, nous sommes à 200 km au nord du cercle polaire, sans réseau, aucune trace de vie à proximité, il ne s'arrête pas de pleuvoir et la rivière devient dangereuse, on se croirait dans un mauvais film....
On peut évaluer la montée du niveau de la rivière : les arbustes sont submergés...

Ecopage du canoé après un rapide qui a failli nous retourner

A posteriori, avec une carte, je vois que nous avons traversé plusieurs rapides : Porttikoski, Timanttikögäs, Väänäsenniva, Möllärinkoski, Saarnäköngäs, Surmaköngäs, Penttilänkoski, Appisköngäs, Korhosenkoski et Saunakoski (au niveau du petit pont de Kultala). Nous n'avons parcouru que 15 km dans la journée, j'avais enclenché mon GPS.

Nous apercevons une cabane sur le bord de la rivière, nous nous y arrêtons, elle est malheureusement fermée. Je veux absolument qu'on s'arrête pour la nuit, je suis trempée, je grelotte, j'en ai assez....
Il semble y avoir quelques maisons en haut de la colline qui borde la rivière, Damien m'attend en bas en pêchant, je monte voir, en espérant qu'il y a des gens pour nous accueillir.

Le village de Kultala
L'ambiance est surréaliste, il fait 5 degrés, il pleut sans arrêt, je me balade en gilet de sauvetage, casque et poncho de pluie, je ne veux enlever aucune couche, en pensant que tout me réchauffe.
Il y a une demi-douzaine de cabanes et maison en bois.... Je pousse la porte de la plus grande... il ne s'agit pas d'une maison mais d'un musée, c'est les restes de Kultala, un village de chercheurs d'or qui  date de 1870.... C'est toujours cette ambiance lugubre... quasi effrayante...

La plupart des maisons sont des musées, on ne peut donc pas s'y abriter ou y dormir.
Kultala : le village abandonné des chercheurs d'or

La dernière cabane est ouverte et il s'agit d'une cabane pour accueillir les randonneurs, il y a un poêle, des lits, le rêve ! Malheureusement il y a déjà des affaires, le cabanon est occupé, grande déception...
Je découvre un petit abri avec un emplacement pour le feu, c'est mieux que rien. Je redescends chercher Damien qui pense que j'ai trouvé un vrai village avec une famille pour nous accueillir... La déception est grande quand je lui annonce que nous passerons la nuit sous la tente.

Il ne réussit pas à attraper de poisson. La pêche depuis le bord est plus compliquée que sur le canoë.
Nous montons toutes les affaires, nous faisons du feu, il y a des réserves de bois sec dans un abri, quelle bonne surprise !
Notre campement, optimisé pour un maximum de confort

Nous pouvons nous sécher, nous installons notre tarp pour fermer une des ouvertures, parce que le vent souffle fort et nous plantons la tente sous le petit abris.

Je cueille des framboises et nous faisons une tarte. Nous nous faisons des plats lyophilisés, nous sommes ravis de manger, nous avions à peine manger depuis la veille.
Les plats lyophilisés nous semblent être un met délicat, nous nous régalons.

notre pâtisserie faite maison : tarte aux framboises
tarte aux framboises maison au feu de bois


lumière rose du soir sur Kultala



Notre cabane, le camp fire, le lendemain

Nos affaires sèchent quasiment durant la nuit, il y a une source à deux minutes de marche, l'eau y est glacée mais d'une pureté absolue.